jeudi, 01 décembre 2005
L'hiver
Dans la nuit de l'hiver
galope un grand homme blanc
c'est un bonhomme de neige
avec une pipe en bois
un grand bonhomme de neige
poursuivi par le froid
il arrive au village
voyant de la lumière
le voilà rassuré.
Dans une petite maison
il entre sans frapper
et pour se réchauffer
s'assoit sur le poêle rouge,
et d'un coup disparaît
ne laissant que sa pipe
au milieu d'une flaque d'eau
ne laissant que sa pipe
et puis son vieux chapeau.
. 
Jacques Prévert
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vendredi, 04 novembre 2005
Novembre
Novembre
Le jour se perd à l'horizon
Un bleu qui s'éteint
ténèbres envahissantes
ni lune, ni étoiles
n'osent s'y aventurer
de peur d'y mourir en novembre
le ciel se déchaîne
les cieux se rencontrent
la terre mugit à grande voix
dans un incoercible fracas
la nature se venge
les dieux répondent
leurs ailes mortelles nous frôlent
ils vomissent nos déchets
ils s'abreuvent de sang frais
pour se renouveler.
A tout prendre et rien laisser
les hommes n'ont jamais rien gagné.
Pier de Lune
Pier de Lune est québécoise, née à Montréal.
Après s'être occupée de sa famille, elle entame plus tard une maîtrise de littérature française, et tout naturellement, outre son diplôme de traductrice, se plaît à écrire de la poésie. Le thème principal en est l'amour. Elle dit " L´amour étant la seule vraie valeur dans ce monde actuel, j´ai choisi ce thème pour écrire mes textes." L'orage " est transcendé dans l'amour, "L'attente" chante l'ombre d'un amour oublié, et "Toi...mon Soleil " brille de tous les feux et tourbillons de l'amour
07:25 Publié dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
mardi, 04 octobre 2005
Le capitaine Jonathan
Le capitaine Jonathan,
Etant âgé de dix huit ans,
Capture un jour un pélican
Dans une île d’Extrême-Orient.
Le pélican de Jonathan,
Au matin, pond un œuf tout blanc
Et il sort un pélican
Lui ressemblant étonnamment.
Et ce deuxième pélican
Pond, à son tour, un œuf tout blanc
D’où sort, inévitablement,
Un autre qui en fait autant.
Cela peut durer très longtemps
Si l’on ne fait pas d’omelette avant.
Robert Desnos
Robert Desnos 1900 – 1945
Pour lui, le poète surréaliste, le parisien du quartier de Saint Mérri, l’amoureux, les rêves étaient des vies parallèles. Farouchement opposé au nazisme, il entre dans la résistance, arrêté, déporté, il est mort en 1945 au camp de Térézine.
05:00 Publié dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
samedi, 03 septembre 2005
Et encore la même chose
Et encore
La même chose
Je dis simplement la merveilleLa modestie du ciel vivant
Le petit pesant d’or d’une abeille
L’éclat du sel qui est tout blanc
Toi différente, mais pareille
Je dis simplement la merveille
De tous les jours te retrouver.
Claude Roy
Claude Roy
Né en 1915
Claude Roy nous dit : « Ce ne sont pas les idées qui font vivre les poèmes, mais une émotion, un sentiment, des mots qui se mettent à chantonner, une musique qu’on entend peu à peu à l’intérieur de la tête… »
13:30 Publié dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
vendredi, 01 juillet 2005
Le cancre
Il dit non avec la tête
Mais il dit oui avec le cœur
Il dit oui avec ce qu’il aime
Il dit non au professeur
Il est debout
On le questionne
Et tous les problèmes sont posés
Soudain le fou rire le prend
Et il efface tout
Les chiffres les mots
Les dates et les noms
Les phrases et les pièges
Et malgré les pièges
Et malgré les menaces du maître
Sous les huées des enfants prodigues
Avec les craies de toutes les couleurs
Sur le tableau noir du malheur
Il dessine le visage du bonheur
Jacques Prévert
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dimanche, 01 mai 2005
Le soleil
Le long du vieux faubourg, où pendent aux masures
Les persiennes, abri des secrètes luxures,
Quand le soleil cruel frappe à traits redoublés
Sur la ville et les champs, sur les toits et les blés,
Je vais m'exercer seul à ma fantasque escrime,
Flairant dans tous les coins les hasards de la rime,
Trébuchant sur les mots comme sur les pavés,
Heurtant parfois des vers depuis long-temps rêvés.
Ce père nourricier, ennemi des chloroses,
Éveille dans les champs les vers comme les roses ;
Il fait s'évaporer les soucis vers le ciel,
Et remplit les cerveaux et les ruches de miel.
C'est lui qui rajeunit les porteurs de béquilles
Et les rend gais et doux comme des jeunes filles,
Et commande aux moissons de croître et de mûrir
Dans le cœur immortel qui toujours veut fleurir !
Quand, ainsi qu'un poète, il descend dans les villes,
Il ennoblit le sort des choses les plus viles,
Et s'introduit en roi, sans bruit et sans valets,
Dans tous les hôpitaux et dans tous les palais.
Charles Baudelaire
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samedi, 02 avril 2005
Chœur d’amour

Ici l’on passe
Des jours enchantés !
L’ennuie s’efface
Aux cœurs attristés
Comme la trace
Des flots agités.
Heure frivole
Qu’il faut saisir,
Passion folle
Qui n’est qu’un désir,
Et qui s’envole
Après le plaisir !
Gérard de Nerval
09:45 Publié dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
mercredi, 02 mars 2005
La cigale et la Fourmi
La cigale , ayant chanté tout l'été,
se trouva fort dépourvue quand la bise fut venue.
Pas un seul petit morceau de mouche et de vermisseau.
Elle alla crier famine chez la fourmi sa voisine, la priant de lui prêter quelque grain pour subsister jusqu'à la saison nouvelle «Je vous paierai, lui dit-elle, avant l'oût , foi d'animal, intérêt et principal .»
La fourmi n'est pas prêteuse ;
C'est là son moindre défaut.
«Que faisiez-vous au temps chaud?
Dit-elle à cette emprunteuse.
Nuit et jour à tout venant
Je chantais, ne vous déplaise.
- Vous chantiez ? j'en suis fort aise.
Eh bien : dansez maintenant.»
Vous pouvez en consultant le site internet suivant comprendre toutes les subtilités du texte :
http://www.lafontaine.net/nouveau-site
09:50 Publié dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

